Un condensé d'histoire...

L'origine de SELLIERES se confond avec l'ère préhistorique, comme il est de mise pour nombre de communes du JURA ou de FRANCHE-COMTE.

L'époque gauloise voit l'arrivée les Séquanes de race celtique. Puis les Romains s'établissent en SEQUANIE. Jules César fait construire à SELLIERES, à cette époque SELARE, des caves pour y entreposer le vin destiné à ses armées. Il n'en reste malheureusement plus de traces.

A partir de 411, les invasions, pillages ou incendies vont marquer l'histoire de SELLIERES. Cible des Sarrasins, des Hongrois puis des Normands, la population doit construire un château-fort et des remparts pour s'abriter des troubles incessants.

Puis les familles de VIENNE et de CHALON vont étendre leur pouvoir sur la cité. La guerre entre LOUIS XI et CHARLES le TEMERAIRE amènera la ruine de SELLIERES. Les remparts reconstruits, la ville fera face en 1595, au siège des armées d'HENRI IV. Par deux fois, l'assaut est donné et rejeté par les habitants de SELLIERES mais le 16 juillet, les troupes françaises parviennent à faire une brèche dans l'enceinte et mettent à sac la ville.

Les règnes de LOUIS XIII et LOUIS XIV amènent leurs lots de guerre contre l'ESPAGNE. SELLIERES n'échappe pas aux enjeux. En 1668, LOUIS XIV revendique la possession de la FRANCHE-COMTE et la ville est à nouveau investie, les restes de ses fortifications définitivement abattues en 1678.

La révolution de 1789 touche SELLIERES. Accueillie avec enthousiasme, elle ne donne pas lieu à des violences. La ville se dote de nouveaux bâtiments : une halle aux grains, un abattoir et le jour de marché est fixé au mercredi, échéance subsistant encore aujourd'hui. En 1808 est formée une garde nationale du Bourg, elle comprendra 12 officiers, sous-officiers et gradés et se composera de 51 soldats.

Mais les malheurs et la guerre vont à nouveau frapper SELLIERES. Ainsi, en 1815, l'occupation autrichienne se traduit par de lourdes réquisitions suivies de menaces d'exécutions militaires. A partir de 1830, on note la réalisation de plusieurs écoles : une école de garçons à l'Hôtel de ville, une école de filles, une garderie pour petits garçons de 3 à 6 ans et même une école supérieure privée. 1871 voit l'occupation de SELLIERES par les troupes prussiennes et avec elles son cortège de taxes.

Dès lors peu d'événements marquants viennent troubler la quiétude de SELLIERES. Comme dans toutes les communes de France, la Grande Guerre (14-18) prélève son quota de soldats et de héros. La seconde guerre mondiale amène une nouvelle occupation étrangère et donne lieu à l'établissement de réseaux de résistance qui payeront un lourd tribu.

De tous temps place marchande, SELLIERES, cité étape sur les routes de LONS, DOLE ou BESANCON, fut un lieu d'échange entre produits de la plaine (grains) et les coteaux (vin). Les nombreuses devantures de magasins aujourd'hui reconvertis en habitations attestent la vigueur du commerce jusqu'au milieu du XX° siècle.

Petite cité comtoise de caractère, SELLIERES développe son histoire au gré de ses rues et chemins. Dominant la cité, on trouve dès l'époque féodale, un château fort comportant 11 tours et un donjon. Certaines fondations sont encore visibles. L'ensemble était défendu par une enceinte de remparts et de fossés, dont quelques traces sont encore perceptibles et percée de trois portes.

L'une d'entre-elles, la porte d'AMONT ou du BOURG NEUF subsiste. Sous le château, s'étale le BOURG DESSUS, quartier des gentilshommes, puis le BOURG DESSOUS commerçant et enfin, sur l'île et au-delà de la rivière, le faubourg.

Témoins du passé, quelques monuments caractéristiques méritent le détour : Dans l'ancienne enceinte : - l'Hôtel de CRECY par-dessus la porte d'Amont, plus bas l'Hôtel DOROZ puis au BOURG DESSOUS : - l'Hôtel du PIN - l'Hôtel de POLY - les halles - les murs de l'ancien couvent des cordeliers et les caves.

Ce dernier a été construit en 1415 à l'initiative de GUILLAUME DE VIENNE. Jusqu'en 1790, date de sa déchéance suite à sa vente à des particuliers, le couvent eut à subir 3 incendies en 1511,1518, 1540 et fut pillé à plusieurs reprises au cours des différentes guerres. Il recelait de nombreuses oeuvres d'art et une bibliothèque réputée. Au faubourg, on peut trouver un ancien moulin seigneurial, le pont de pierre sur le canal, l'hôtel de ville établi sur les anciennes écuries datant de LOUIS XIV et enfin l'église St Pierre.

La particularité de SELLIERES est de posséder un clocher sans église et une église sans clocher. A l'origine existait entre autre la petite église Notre-Dame à partir de 1585, à côté des Cordeliers. Plus tard une nouvelle église sera construite sur l'actuelle place de la Fidélité. Devenue inconfortable, elle sera démolie vers 1789 et seul le clocher subsiste. La construction d'un nouvel édifice débute mais ne sera pas achevé et les offices se déroulent alors à la chapelle des Cordeliers. Mais compte tenu de la vétusté de celle-ci et de sa petitesse, il est décidé en 1863 de la construction d'une nouvelle église au Faubourg. Les travaux vont donc débuter mais les moyens financiers ne suivront pas et l'édifice reste inachevé d'où la situation actuelle.

SELLIERES reste pleine de charme et discrète au fond de son vallon. Même les origines de son nom restent un mystère. Les salières des armoiries de la ville laissent supposer un lien avec le sel. En fait le nom de SELLIERES viendrait du diminutif celte " celler " qui désigne une cachette.